2020, quelle année !

Second tour des élections
L’année 2020, marquée par cette terrible crise sanitaire liée à la pandémie de la Covid-19, est derrière nous, même si ses répercussions vont se faire encore sentir en 2021 ; le virus étant plus actif  que jamais.
Dieu merci ! En parallèle, il n’y a pas eu d’ouragan, malgré une saison particulièrement intense, au point que la liste des noms attribués à ces phénomènes cycloniques tant redoutés a été épuisée.
Cependant, un gros coup de vent est passé. C’était le dimanche 28 juin, à l’occasion du second tour de ces élections municipales.

Une opération de renouvellement exceptionnelle

Conséquence : arrivée de plusieurs nouvelles équipes municipales à la tête des communes. Les mairies ayant changé de chef, ce jour-là, sont au nombre de quatorze sur vingt à pourvoir.
Une opération de renouvellement exceptionnelle donc, dont avait fait les frais Laurent Bernier, maire sortant de Saint-François, décédé quelques mois plus tard, le 4 décembre.
Un contraste par rapport au premier tour, qui avait permis onze réélections contre la seule défaite du maire sortant de Pointe-Noire, Christian Jean-Charles, au profit de Camille Elisabeth, après plusieurs tentatives.
Renouvellement des équipes communautaires également, qui ont été quatre à changer de président ; Marie-Galante et Cap Excellence ayant décidé de refaire confiance respectivement à Maryze Etzol, maire de Grand-Bourg, Éric Jalton, maire des Abymes.

Une période d’incertitude pas sans conséquence

Il convient tout de même de rappeler que les deux tours de ces élections, initialement prévues pour se dérouler à une semaine d’intervalle, les 15 et 21 mars 2020, ont finalement eu lieu avec un décalage de dix-neuf semaines. Cette période d’incertitude inédite entre les deux tours a forcément eu un impact sur la campagne et les résultats du second tour. Ainsi des ajustements ont pu être mis au point dans les stratégies d’alliance et dans l’investissement sur le terrain.
Est-ce une des raisons du profond bouleversement observé dans le paysage municipal avec l’arrivée au pouvoir de quinze nouveaux maires tandis que seuls de dix-sept sortants ont été réélus ? Sans doute…

Deux communes jouent les prolongations

Cela dit, ces élections ne sont pas vraiment terminées puisque parmi les nombreux recours qui ont été déposés, le tribunal administratif a annulé l’élection de Capesterre de Marie-Galante. Le scrutin avait été remporté de huit voix par Jean-Claude Maës, le maire sortant, devant Betty Besry. Le maire reste en place mais les élections sont à refaire.
C’est le cas également à Lamentin. Le maire socialiste Jocelyn Sapotille, qui a remporté ces élections dès le premier tour grâce à deux petites voix, a vu son élection invalidée par le tribunal administratif, à la suite d’un recours de Reinette Juliard, arrivée 3e. Compte tenu de l’écart de voix entre les deux candidats, c’est une surprise. Mais selon le tribunal, les griefs étaient suffisamment graves pour sanctionner le résultat obtenu par le maire sortant.
Ce dernier a annoncé son intention de saisir le Conseil d’État. Osera-t-il, compte tenu du risque que cette juridiction aille encore plus loin en le rendant inéligible ? En effet, en application de l’article L. 52-11-1 du code électoral, le tribunal administratif a fixé à zéro euro le montant du remboursement forfaitaire dû au maire sortant, ce qui équivaut à un rejet de son compte de campagne et le place sous la menace d’une inéligibilité qui pourrait être prononcée par le Conseil d’État. Cela veut dire que dans le cas où il renoncerait à saisir le Conseil d’État la partie adversaire, Reinette Juliard, bien que vainqueur en premier ressort, aurait tout intérêt à le faire.

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