Joël Beaugendre pour un 5e mandat de maire

Joel Beaugendree annonce sa candidature pour un 3e mandat
Il terminera son quatrième mandat de maire de Capesterre Belle-Eau en mars 2020, mais Joël Beaugendre sera candidat à sa succession. Il l’a annoncé au milieu de la nuit du samedi 17 au dimanche 18 août 2019. C’était à l’occasion du vin d’honneur de la fête patronale, au restaurant scolaire de la commune.
« J’ai décidé de me soumettre à vos suffrages en mars 2020, pour continuer à être le bon père de famille que j’ai été au cours de ces mandats que vous m’avez confiés. » (voir la vidéo)
Dans son allocution de plus d’une heure, le maire de Capesterre Belle-Eau a fait un tour d’horizon complet des problèmes de sa commune et de la Guadeloupe : eau, hôpital, finances, etc.
Et, c’est finalement tout à la fin qu’il fait son annonce qui était prévisible.

« JE VAIS PASSER LA MAIN EN COURS DE MANDAT»

Désormais la situation est définitivement clarifiée. Mais c’est après les élections — si sa liste sort en tête — que les choses risquent de se complexifier. D’ores et déjà, il annonce qu’il quittera ses fonctions de maire en cours de mandat. C’est ce qu’il nous a confié à l’issue de la cérémonie.
« Je pensais déjà passer la main aux dernières élections municipales. Finalement les faits divers ont fait que je me suis retrouvé avec des gens qui avaient des ambitions cachées. Mais là, je voudrais dire sincèrement que je souhaiterais retrouver des personnes engagées auxquelles je dois apprendre à aimer Capesterre Belle-Eau. C’est pour cela que je dis, que c’est une équipe très très jeune que j’aurai. Je vais laisser la main en cours de mandat. C’est sûr et certain. Mais il me faudra avoir une assurance parce qu’on ne vient pas en politique n’importe comment. Sinon, on se fait manger par des grands dinosaures. Tout le monde le sait, il y a des gens qui ont des stratégies soit pour leur parti, soit pour leur lobbying. Et ils ne laisseront aucune chance à des jeunes qui sont en politique. »

DES ADVERSAIRES CONNUS

Bien entendu, il n’est pas allé jusqu’à dire à qui il pensait transmettre le relais le moment venu. « Je suis en pleine discussion. Je ne peux pas aller plus loin ».
Auparavant, il faudra d’abord gagner ces élections et ce n’est pas encore fait. Trois de ses adversaires sont connus. Ils s’appellent Jean-Philippe Courtois, le conseiller régional, Hugues Ramdini, le conseiller départemental et Camille Edouard, qui n’a pas encore de mandat.

DES ANCIENS MAIRES TOUJOURS D’ATTAQUE

Joël Beaugendre a été élu pour la première fois en juin 1995, face à Léo Andy, qui n’a fait qu’un seul mandat de 1989 à 1995. Puis, il a été réélu en mars 2001, mars 2008 et mars 2014. Quatre mandats qui ont fait de lui, un des trois vice-doyens des maires de Guadeloupe, avec Jeanny Marc, maire de Deshaies. Cette dernière devrait être également présente, en l’absence de son éternel adversaire, Max Mathiasin. Le député de la 3e circonscription a suffisamment de travail l’Assemblée nationale pour ne pas venir embêter sa cousine dans la petite commune de Deshaies.
A noter que le troisième maire élu en juin 1995, Luc Adémar (Gourbeyre), n’a pas encore dit s’il briguera un 5e mandat. Il vient de créer son parti Croire en la Guadeloupe. Cependant, il peut renoncer à un nouveau combat municipal même s’il a une certaine cote à Gourbeyre. Il pourrait peut-être envisager de proposer la candidature de Jean-Luc Bogat.
La doyenne des maires reste Gabrielle Louis-Carabin, maire du Moule de 1989. Elle aussi, est toujours prête à rempiler, même si elle a encore le temps d’y renoncer.

AFFAIBLI MAIS JAMAIS ABATTU

Joël Beaugendre a également siégé au conseil départemental de mars 1998 à sa démission en janvier 2002, avant d’entamer une carrière de député de la 3e circonscription en juin 2002, sous les couleurs de l’UMP. Cette carrière avait été stoppée net en juin 2007, par Jeanny Marc qui le battait au 2e tour. Cette défaite l’affaiblissait terriblement. Mais l’homme blessé n’est pas mort et en qualité de médecin il le sait très bien. Alors que les observateurs ne donnaient pas cher de sa peau, un an plus tard aux élections municipales de mars 2008, il rebondissait de plus belle, profitant des coups-bas et trahisons entre Socialistes.

L’HEURE DES RETROUVAILLES

Hugues Philippe Ramdini, qui semblait avoir un boulevard devant lui, avait finalement glissé sur quelques peaux de banane posées sur son chemin par son entourage. Il avait alors laissé son adversaire retrouver son fauteuil, avec 62,11 % des suffrages au 2e tour. Et comme un bonheur ne vient jamais seul, Joël Beaugendre retrouvait un siège au conseil général. C’était lors de la cantonale partielle de mars 2012, après invalidation du scrutin de 2011.
Il avait affronté le jeune Jean-Philippe Courtois qui faisait ses premières armes et qu’il va retrouver face à lui en mars 2020. Plus fort que jamais, dit-on dans le camp de la Nouvelle énergie capesterrienne, le parti du conseiller régional.

DES MAUVAIS MOMENTS SANS CONSÉQUENCE ?

Pour sa part, Joël Beaugendre a poursuivi sa carrière de maire, en étant réélu en mars 2014, avec 53,65 % des voix au second tour.
Cette mandature, qui est sur le point de s’achever, n’est pas la plus tranquille, puisqu’il a dû quitter le confortable fauteuil de maire pour un siège bancal à la maison d’arrêt de Basse-Terre, pendant trois mois. Placé en détention provisoire dans une affaire financière dite des « enrobés à froid » au mois de juin 2014, ses avocats réussissaient à obtenir une remise en liberté sous contrôle judiciaire début septembre de la même année.

TEL UN CHAT, IL REBONDIT LÀ OÙ ON NE L’ATTEND PAS

L’affaire étant toujours pendante devant la justice, il a pu rebondir et conduire les affaires de sa commune. Finalement il se faire élire, en février président de la communauté d’agglomération Grand Sud Caraïbe. C’était après la démission de Lucette Michaux-Chevry. Cette capacité à rebondir fait que certains n’hésitent pas à le comparer à un chat.
Ce sont les griffes de ce chat qui vont sortir pour se faire réélire, pour la 5e fois, face aux trois adversaires qui se sont déclarés. Cependant il sait qu’il peut y en avoir d’autres. Ils brillaient pas leur absence ou ils étaient tapis dans l’obscurité, parfois perturbée par la lune, bien ronde encore, deux jours après avoir été pleine.

TOUT LE MONDE DANS LE PELOTON

En tous les cas dans son groupe tout le monde semble être assis tranquillement au milieu du peloton, le laissant seul donner le bon coup de pédale. Nita Cérol, adjointe au maire et conseillère régionale, à qui certaines rumeurs prêtaient quelque velléité, a été claire : « Nita Cérol est Joël Beaugendre à Capesterre et Ary Chalus à la Région »
Même discours de soutien à son maire pour Jean-Yves Ramassamy, le premier adjoint, après des relations un peu froides en cours de mandat. Joël Beaugendre candidat, ça semble lui plaire.
Et à côté de cela ce sont les invités représentants d’autres collectivités ou institutions qui ont encouragé Joël Beaugendre, maire et désormais candidat, et son équipe souvent avec une certaine ferveur. Parmi eux on peut citer Maxette Pirbakas-Grisoni, députée européenne, les maires de Trois-Rivières (Jean-Louis Francisque), de Bouillante (Thierry Abelli) et de Gourbeyre (Luc Adémar). Le Département et la Région étaient représentés respectivement par Manuelle Avril et Nita Cérol, deux Capesterriennes.
En somme c’est un vice-doyen des maires qui a repris un coup de jeune en cette nuit d’août 2019. Pour combien de temps ? Rendez-vous en 2020.


Le maire Joël Beaugendre, désormais candidat à sa succession, et une partie de ses invités.

1 Commentaire

  1. C’est vraiment incroyable que des élus responsables puissent penser de la sorte et s’octroyer des propriétés lorsqu’ils parlent de leur commune, pour mettre en place une organisation municipale qui installera à sa direction un « poulain » un dauphin » un fils ou une fille ». Voilà un sujet de transformation de la loi électorale qui interdirait cette pratique, et proposerait de nouvelles élections en cas de cumul de mandat et de démission d’un maire, et pourquoi pas faire payer une amende pour abus de droit et tromperie chez des électeurs qui n’auraient pas choisi le maire sortant démissionnaire. Il faut des règles pour éviter des joutes verbales et inadmissibles qui mettraient des familles et la population en émoi et en situation de ne plus croire dans les promesses électorales et désavouer tous les élus, fussent-ils sages et sincères et de probité douteuse.

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