Que vaut le Rassemblement des jeunes ?

Jean-Bernard Piqueur, délégué départemental du Rassemblement des jeunes
Ils revendiquent plus de 300 adhérents, réunis sous l’appellation Rassemblement des jeunes (RDJ). Impossible de prouver ce chiffre puisqu’ils n’ont pas fixé de cotisation pour valider les adhésions. Ils sont en train de mettre tout ça en place. Pourtant, ils ne viennent pas d’être créés. Quatre ans d’existence déjà, au moins officieusement. Largement suffisant pour s’organiser mais ils prennent leur temps.

D’ABORD JEUNES ACTEURS DU CHANGEMENT

Ils ont, en effet, été découverts en 2015, lors des élections régionales. Ils avaient pris fait et cause pour le candidat Ary Chalus. Il faut dire qu’ils n’étaient pas encore vraiment RDJ. La précision est apportée par Rébecca Coupan, membre fondatrice du mouvement : « Lors des régionales nous étions les Jeunes acteurs du changement. Nous avons simplement continué le travail commencé en fédérant toujours plus de jeunes d’où le Rassemblement des jeunes et nous pensons encore évoluer vers un mouvement beaucoup plus structuré, Vision Guadeloupe. »

UNE AUTRE BATAILLE ÉLECTORALE

En 2015, ils n’avaient pas rechigné, depuis leur siège situé à Belcourt/Baie-Mahault. En 2019, les revoilà cette fois sous l’appellation Rassemblement des jeunes,
dans une autre bataille électorale, les municipales de 2020. Et là, ce n’est pas une liste qu’ils vont soutenir mais plusieurs. Une par commune autant que possible.
Jean-Bernard Piqueur, est apparu, dimanche dernier (24 novembre 2019), aux côtés de Leïli D’Alexis. Ce dernier est candidat à Gourbeyre et est soutenu par Guadeloupe unie solidaire et responsable (GUSR), présidé par le 1er vice-président du conseil régional, Guy Losbar, maire de Petit-Bourg. Une semaine plus tôt le RDJ était à Baillif, lors de la déclaration de candidature de Sylvie Gustave-dit-Duflo, soutenue par la majorité régionale.
D’autres candidats ont déjà ce soutien (Olivier Serva aux Abymes, Jocelyne Virolan au Gosier, Hélène Polifonte-Molia à Baie-Mahault) ou sont en passe de l’avoir, à l’image de Victor Arthein, le maire communiste de Port-Louis.

LE CAS RODY TOLASSY

Et puis, il y a Rody Tolassy, délégué départemental du Rassemblement national (RN), candidat à Sainte-Rose, dont parle Jean-Bernard Piqueur, comme un potentiel représentant du RDJ dans une élection.
« On est en train de se structurer. Nous allons soutenir des candidats aux municipales, mais notre but est de pouvoir nous présenter directement, en ayant des personnes capables de conduire une liste. C’est le cas de Rody Tolassy, qui se présente à Sainte-Rose et qui est membre du Rassemblement des jeunes. Nous ne sommes pas forcément du même bord politique pour beaucoup d’entre nous. On peut avoir des divergences, mais il s’agit d’abord, pour nous, de pouvoir dialoguer entre jeunes et se mettre d’accord pour dire qu’il y a des choses à faire, des changements à opérer et que la jeunesse a toute sa place en politique. Aujourd’hui, il y a Rody Tolassy, du Rassemblement national de Marine Le Pen, qui est chez nous… ».

DES MEMBRES DE TOUS HORIZONS

En fait Jean-Bernard Piqueur veut expliquer que le RDJ n’est pas un parti idéologique mais un mouvement qui réunit des membres venant de tous horizons. « Le but c’est de montrer que là où les anciens ont fait l’erreur de se stigmatiser en fonction de leur appartenance politique — ce qui plombait la Guadeloupe —, nous, en tant que jeunes, nous allons au-delà des clivages, nous réfléchissons ensemble et nous voyons ce qui ne va pas et ce que peut être amélioré. En 2015, nous avons soutenu Ary Chalus, mais cela ne veut pas dire que pour ces élections municipales, nous seront uniquement derrière des gens de la majorité régionale. Il ne s’agit pas d’aller à tout pris dans le sens du président de Région, même si sur Baie-Mahault nous allons quand même soutenir Mme Polifonte (*), parce qu’il faut reconnaître le travail qu’elle a fait. »

NE PAS COMMETTRE LES ERREURS DES ANCIENS

Jean-Bernard Piqueur ne perd pas l’objectif : se mettre au service de la Guadeloupe et de sa jeunesse, en évitant de renouveler les erreurs des aînés.
« Aujourd’hui, on est conscient que beaucoup d’erreurs ont été commises auparavant. L’une des celles-ci, c’est cette manière que les anciens élus ont eu d’utiliser les jeunes avant de les laisser tomber. Nous ne voulons plus que cela puisse arriver, qu’ils soient utilisés pour gagner des mandats politiques. Nous voulons faire comprendre qu’il faudra compter avec la jeunesse et qu’elle a des capacités. Si le président Chalus s’appuie énormément sur la jeunesse c’est parce qu’il a compris ses potentialités. »

PAS SATISFAITS À 100 % DU BILAN RÉGIONAL

Est-ce que cela veut dire que ces jeunes sont satisfaits du travail réalisé par le président de Région ?
« Nous ne pouvons pas dire que nous sommes satisfaits à 100 %, mais pour quelqu’un qui est à son premier mandat, il faut lui laisser un peu de temps. Il a fait certaines choses mais il faut peut-être attendre une deuxième mandature pour voir ce qu’il peut vraiment faire. »
Précision de Rébecca Coupan : « Nous ne pouvons pas parler de bilan car la mandature s’achève en 2021. Nous retenons que le président de Région respecte son engagement de faire pour et avec la jeunesse… D’ailleurs le 29 novembre, le conseil régional lance le Plan action jeunesse, des propositions concrètes qui répondent aux problématiques de la jeunesse. »

« FAIRE LE TOUR DES COMMUNES »

Bien entendu, comme le fait remarquer Jean-Bernard Piqueur : « Pour le moment, nous ne sommes pas là pour parler du bilan régional, nous sommes aux municipales. La priorité est de faire le tour des communes, de voir comment a travaillé chaque maire, en particulier pour la jeunesse. Nous allons déterminer notre choix par rapport à ce que certains ont fait et d’autres n’ont pas fait. Par exemple, sur le cas de Gourbeyre où nous étions dimanche dernier, le maire est en place depuis 1995, il brigue son 5e mandat, nous avons fait le choix de soutenir Leïli D’Alexis. C’est un jeune comme nous. Il a une autre vision du développement de la commune. Nous pensons, en effet, qu’à un certain moment, il faut savoir passer la main pour que d’autres idées émergent. »

JEUNES MAIS OUVERTS AUX ANCIENS

Le Rassemblement des jeunes compte donc s’impliquer à fond dans la bataille pour faire gagner les candidats qu’il soutient mais travaille aussi à se renforcer et à se structurer. Pour y adhérer il faut avoir 18 ans révolus et jusqu’à 40 ans, on peut être considéré comme jeune, selon son délégué départemental. Au-delà, il n’y a pas d’exclusion. La preuve : Victor Arthein, maire de Port-Louis, âgé de 61 ans, a leur soutien, puisque Jean-Bernard Piqueur est engagé à ses côtés dans la bataille pour sa réélection en 2020. Certains peuvent y voir une contradiction dans la démarche du Rassemblement des jeunes. L’avenir nous dira si ce mouvement est suffisamment crédible pour peser sur l’échiquier politique. Son président Joël Thomas et la dizaine de membres du conseil d’administration s’y attellent.

(*)Hélène Polifonte-Molia est maire depuis le 24 décembre 2015, élue par le conseil municipal pour succéder à Ary Chalus après l’élection de ce dernier à la présidence du conseil régional en décembre 2015.

EN SAVOIR PLUS :
L’émoi au sein du Rassemblement des jeunes.

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