« Lapwent an mwen ka mò », le cri du cœur d'un jeune Pointois

« Lapwent an mwen ka mò…», « Ma Pointe-à-Pitre se meurt »… Constant douloureux de Pascal Créantor, un jeune Pointois comme beaucoup d’autres. Comme ceux qui tuent le temps sur la place de la Victoire. C’est là, qu’il a croisé le chemin de Marie-Eugène Trobo-Thomaseau. Elle était venue présenter sa candidature aux élections municipales de mars 2020, devant le célèbre kiosque de Pointe-à-Pitre. C’était ce samedi 30 novembre 2019. L’idée de faire sa déclaration de candidature sur une place publique est assez originale. Cependant, cela peut réserver des surprises. Là, c’en était une bonne.

« A PA ON MÈ NOU VÉ, SÉ ON MOUN »

La cérémonie était bien entamée quand Pascal et deux de ses amis ont décidé d’interpeller la candidate d’Alternative pointoise pour le changement (APC) et de Croire en la Guadeloupe.
Elle venait de s’installer derrière les deux tambours posés l’un au-dessus de l’autre, pour servir de pupitre. Elle était prête à discourir selon la programmation du jour, quand ces jeunes, en proie à une oisiveté chronique et une absence de perspective, marmonnant au loin, ont été invités à la rejoindre pour exprimer leur amertume et leur sentiment d’abandon. C’est Pascal, qui s’est montré le plus volubile, pour dire à haute et intelligible voix que ses camarades et lui n’avaient pas besoin d’un maire mais d’une personne. « A pa on mè nou vé, sé on moun… ».

ELLE DIT SAVOIR OÙ TROUVER L’ARGENT POUR LA VILLE

Des propos lourds de sens (cliquez pour écouter), qui ont scotché l’assistance, au sein de laquelle avait pris place Luc Adémar. Le maire de Gourbeyre et président de Croire en la Guadeloupe, était venu apporter son soutien à la conseillère régionale et municipale, dans une profusion d’éloges, aux antipodes de son regard sur la ville. Est-ce cette allocution qui a fait sortir ces jeunes de leur silence ?
En tout cas, saisissant l’opportunité du témoignage de Pascal, un collaborateur de Mme Trobo-Thomaseau ne tardait à l’inviter à intégrer l’équipe. Une invitation qu’il n’a pas refusée.
Reprenant le cours de la programmation, la candidate a salué ce « cri du cœur » et confirmé le constat effectué (cliquez pour écouter), avant de dévoiler quelques-uns de ses engagements, notamment dans le domaine social.
Elle aura l’occasion de les détailler tout au long de la campagne, mais la question du financement de tout projet est forcément lié à la situation financière catastrophique de la ville — 78 millions de déficit budgétaire sur 2018 en attendant les chiffres de 2019.
Interrogée sur ce point à l’issue de son intervention, elle assure qu’elle peut trouver l’argent là où il est, notamment dans le cadre du dispositif Cœur de ville (cliquez pour écouter).

QUID DU RASSEMBLEMENT DES OPPOSITIONS ?

Autre sujet qui intéresse les électeurs pointois : l’absence de consensus au sein des groupes d’opposition pour proposer une alternative. Sur cette question du rassemblement, Marie-Eugène Trobo-Thomaseau affirme que « la porte n’est pas fermée » (cliquez pour écouter).
Reste que les négociations sont suffisamment compliquées pour que le risque d’une adversité dispersée fasse le jeu du maire démissionnaire, désireux de retrouver son fauteuil. Il reste trois mois avant la clôture des opérations d’enregistrement des listes, prévue le 27 février 2020. Donc tout est possible. En tout cas Marie-Eugène Trobo-Thomaseau est prête à aller à la bataille, même sans rassemblement. Sa permanence est d’ailleurs ouverte au 22 rue Raspail, du lundi au samedi.
Et puis, s’ils veulent vraiment se rassembler et trouver un capitaine de route, les groupes d’opposition n’ont qu’à se réunir sous ce kiosque, mettre les noms de tous les candidats qui veulent être maire dans un panier et tirer au sort. Cette idée émise, sur le ton de la boutade, il y a quelques mois, par un élu de l’opposition, n’est peut-être pas si bête puisque toutes les potentielles têtes de liste semblent compétentes pour manager un groupe de meneurs à fort caractère.

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