Victorin Lurel ne sera pas tête de liste aux Régionales

Victorin Lurel renonce aux élections régionales et aux départementales
Victorin Lurel ne sera pas candidat tête de liste aux prochaines élections régionales, de même qu’il ne briguera pas un poste de conseiller départemental. Il l’a annoncé sur son compte Twitter, à l’issue d’une réunion qui s’est tenue, hier soir (25 janvier 2021), avec les membres du conseil fédéral du Parti socialiste. Ce matin, il l’a confirmé et expliqué sa position dans un communiqué de presse.
Le sénateur de la Guadeloupe avait occupé la présidence de la Région de 2004 à 2010, après avoir battu Lucette Michaux-Chevry. Il avait été réélu en 2010, au sortir d’une année 2009 compliquée par le mouvement LKP. En 2015, sa tentative de décrocher un troisième mandat avait été contrariée par la liste Changez d’avenir, conduite par Ary Chalus. Ce dernier l’avait accompagné pour le renouvellement de sa deuxième mandature mais était entré en dissidence.

Une demi-surprise

En homme intelligent, il ne pouvait pas se permettre un retour aux affaires régionales, alors que le Parti socialiste n’est pas au meilleur de sa forme. Cette annonce est donc une demi-surprise. En renonçant à conduire une liste, il ne met pas fin pour autant à sa carrière politique. Il reste plus que jamais impliqué dans la politique locale. On a pu le voir tout au long de la mandature d’Ary Chalus à la Région. Il a joué pleinement son rôle d’élu de la minorité dans l’hémicycle de l’hôtel de Région.
Évidemment, il va peser de tout son poids quand il s’agira de choisir celui qui portera le drapeau socialiste à ces élections régionales. Un appel à candidature sera d’ailleurs lancé incessamment et courra jusqu’en février. Hilaire Brudey, premier fédéral, aura la lourde charge d’organiser les opérations.

Qui pour prendre le relais

Pour l’instant aucun nom ne se dégage pour prendre le relais. Hilaire Brudey, récemment élu maire de Terre-de-Haut, après plusieurs années de lutte, a-t-il le rayonnement départemental nécessaire pour la mission ? Josette Borel-Lincertin, présidente du Conseil départemental, que la crise sanitaire a mis à rude épreuve, a de réelles qualités et une belle expérience, mais aura-t-elle suffisamment d’énergie pour conduire une bataille aussi harassante qu’une campagne régionale ? Jocelyn Sapotille, maire de Lamentin, aurait pu être une solution, mais son avenir politique est suspendu à la décision que prendra le Conseil d’État après le recours déposé par son opposante au conseil municipal, Reinette Juliard ? Cette dernière a, en effet, demandé au Conseil d’État son inéligibilité après avoir obtenu l’annulation des élections municipales par le tribunal administratif. Par ailleurs, Jocelyn Sapotille aura également à gérer l’intérêt que porte l’association Anticor au fonctionnement de l’Association des maires, qu’il préside.

Se tourner vers les alliés ? Pourquoi pas !

En l’absence d’un membre encarté, en mesure de prendre le relais de Victorin Lurel, il reste aux Socialistes à se tourner vers leurs fidèles apparentés. La plus sérieuse carte demeure Elie Califer, maire de Saint-Claude, qui a démontré sa capacité à bien gérer les finances de sa commune, à une époque où rares sont les collectivités à afficher une bonne santé financière. Mais est-ce suffisant ?
Autres possibilités des socialistes : se mettre derrière le leader d’un autre parti dans le cadre d’une union avec ses alliés habituels. On peut trouver cette tête de liste dans les rangs du PPDG (1), avec le maire de Sainte-Anne, Christian Baptiste ou encore de la Frapp (3), d’Eric Jalton. A moins que le Paréé (2), lancé par Georges Boucard (ancien directeur de cabinet d’Éric Jalton, devenu chargé de mission au sein de ce même cabinet) ne sorte de son chapeau le député Max Mathiasin ou un autre. Les Verts, de Christian Civilise, devraient servir de variable d’ajustement dans la perspective d’une alliance de cette partie de la gauche.
Le renoncement de Victorin Lurel laisse donc le terrain libre. C’est souvent ce qui arrive quand on ne prépare pas sa relève.

(1) PPDG : Parti progressiste et démocratique de la Guadeloupe
(2) Paréé : Parti autonome réformiste, écologique, éducationnel
(3) Frapp : Force de rassemblement abymien pour le progrès

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